• Linguistique et textes

       

     

    1. Théâtre et représentations (Resp. Claire Despierres)

      

    a) Objectifs du programme

      

    Regroupant des chercheurs de plusieurs équipes internes de CPTC, mais aussi des chercheurs d’autres universités, le programme « théâtre » entend proposer une analyse critique, littéraire, historique, poétique, sociopoétique et traductologique du théâtre européen, non seulement dans son histoire culturelle et patrimoniale, mais également dans son actualité la plus contemporaine, en prenant en compte ses implications, son histoire, son essaimage culturel, son impact social, ses enjeux politiques.

     

    b) Manifestations :

      

     mai 2012 : journée d’études sur « la représentation de l’oral au théâtre ». La langue théâtrale présente cette spécificité d’être une langue écrite conçue pour être oralisée et reçue par un spectateur placé à distance. Elle n’est certes pas pour autant mimétique de l’oral : de Racine à Claudel et Giraudoux, il existe un théâtre dans lequel  les personnages s’expriment dans une langue délibérément coupée de tout « réalisme ». Toutefois, le dialogue dramatique, même le plus éloigné de la conversation ordinaire, se pare  toujours de marques de langage parlé, on en relève les signes y compris chez ces auteurs. On s’intéressera à la présence, dans le texte de théâtre, des éléments et des caractéristiques mis au jour dans les travaux portant le français parlé tels que les présentatifs, les constructions clivées , les structures corrélatives mais aussi les inachèvements, les auto- corrections ou les usages remarquables du lexique.

      

     

    2. Les genres de discours vus par la grammaire (Resp. Mustapha Krazem)

     

    A la suite des travaux de Bakhtine, les études sur les genres de discours, sur leur place dans l’analyse du discours et en analyse textuelle, ont été fécondes et largement diffusées depuis une trentaine d’années.
    Dans le même temps, certainement grâce aux travaux sur l’oral, les études grammaticales sur corpus ont connu un net regain d’intérêt, limitant/amendant/accompagnant les apports indéniables de théories privilégiant les modèles formels, peu soucieux ou concernés par une attestation effective des données.
    La liaison entre les deux domaines « genre de discours » et « grammaire de la langue » est un des points décisifs de la pensée de Bakhtine. L’acquisition de la langue s’effectue par le biais de propositions toujours perçues par le biais d’énoncés, lesquels sont toujours structurés, moulés, dans des genres de discours.
    Pourtant il semble que seuls les travaux en analyse textuelle ou en analyse du discours prennent en compte systématiquement ou presque les faits de langue dans leur démarche, parfois avec un souci formel sensible. Les faits de grammaire sont perçus comme les indices d’un genre ou bien comme catégorie descriptive, mais viennent toujours après l’établissement de typologies des genres qui ne se basent jamais sur les faits de langue, parce qu’un tel classement (par exemple par les temps verbaux) laisserait échapper totalement les dimensions sociales ou communicationnelles inhérentes à chaque genre, dimensions dont on ressent l’impossible abandon.
     
    Du coté des théories syntaxiques, la prise en compte des genres de discours est très marginale, allusive ou détournée sur d’autres types d’analyse (par exemple les paramètres). Les études grammaticales incluant explicitement ou formellement les genres restent très minoritaires. Quant aux travaux sur corpus, ils font souvent l’économie d’une articulation avec le genre de discours (ou type de corpus) où les faits décrits sont puisés. Cependant, des travaux comme ceux de Biber ou Deulofeu (sur les commentaires de foot) accordent une importance claire à la notion de genre, de registre et d’une manière plus générale à la fréquence/absence d’un fait de langue dans un type identifiable de production socio discursive.
     
    L’objet de cette journée d’étude sur les « genres de discours vus par la grammaire de la langue » se situe résolument du côté des faits de langue afin d’ « imaginer » ou identifier ce que les faits linguistiques peuvent dire des genres et inversement ce que la notion de genre peut apporter aux faits de langue dans leurs caractéristiques intrinsèques.
    Il s’agira ainsi de dépasser (si cela s’avère pertinent) leur statut d’indices ou de catégorie descriptive pour leur supposer une fonction dynamique tant pour la compréhension du système linguistique que pour la compréhension des genres de discours, pour peu que cette opposition soit finalement opératoire. 
      

    COLLOQUE 2010